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RDC : changements sociaux et conséquences économiques, ce que révèlent les études de Target sur le Covid-19

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Par Glody Pinganayi

ven 12/03/2021 - 16:36

Le cabinet d’études de marchés Target a suivi de près l’évolution du Covid-19 depuis son apparition en RDC en mars 2020. Chaque mois il a publié des études suivant différentes thématiques. Un an après, Lemag.cd vous livre les résultats de ces enquêtes, notamment la façon dont les Congolais perçoivent cette maladie, les changements sociaux et les conséquences économiques vécues à la suite de la déclaration de l’épidémie de Covid-19 en RDC.

Les résultats de la première vague des enquêtes de Target tombent fin avril 2020 alors que la RDC enregistre de centaines de cas de coronavirus. A l’époque, 58% des Congolais ne croient pas à la dangerosité du Covid-19. Ils le considèrent comme une simple grippe qui se guérit facilement. Pourtant, ils sont favorables aux mesures préventives prises par le chef de l’Etat dont la fermeture des frontières nationales, des écoles, des églises, des universités et instituts supérieurs.

Alors que le pays accumule les cas de cas de contaminés, passant de 200 à 3.000 cas entre avril et mai, le doute s’accentue davantage. 63% de la population reste dubitative face à la mortalité du virus. Pour beaucoup (78%), le déni vient du fait que dans leur entourage immédiat, ils ne notent pas de cas confirmés de Covid-19.

Juillet 2020, au plus fort de la première vague à Kinshasa, le nombre de personnes conscientes de la dangerosité de la maladie augmente. Le lavage régulier des mains à l’eau et au savon, la désinfection des mains au gel hydroalcoolique commencent à s’installer dans les habitudes. Y compris le port du masque en public même si certains le font davantage pour échapper aux amendes de la police.

La pandémie a également eu des effets néfastes sur la vie sociale. Obligés de vivre reclus à cause du confinement, beaucoup de Congolais découvraient cet aspect de la vie à l’occidentale. Les restrictions des divertissements hors domicile, la baisse des occasions de socialiser, une vie religieuse et professionnelle en téléconférence, autant des réalités que découvrent beaucoup de Congolais. Craignant d’attraper le Covid-19 en fréquentant les hôpitaux, de nombreuses familles constituent de petites boîtes à pharmacie pour soigner les maladies saisonnières. Pour d’autres, la phytothérapie est remise au goût du jour.

Difficultés financières

La pandémie de Covid-19 a poussé de nombreuses personnes au chômage et au télétravail. Cette dernière situation a accru le nombre de personnes dans les domiciles alors qu’elles étaient habituées à sortir. Selon une étude de Target parue en août 2020, 83% des Congolais ont consacré leurs dépenses à l’alimentation. Les études ont révélé également que tenir les deux bouts du mois pour les ménages était devenu plus difficile qu’en temps normal.

Les budgets liés à la consommation des crédits téléphoniques, à la santé et au transport en commun avaient été revus à la hausse compte tenu des mesures restrictives prises par les autorités du pays. La situation financière personnelle du Congolais allait decrescendo au cours des mois. En Octobre révélait que la situation financière personnelle d’un plus grand nombre de la population congolaise a chuté à 86%, alors que celle des ménages se situait à 76%. Les Congolais ont continué à beaucoup dépenser pour respecter les gestes barrières en achetant masques, savons, gels hydroalcooliques et les autres produits.

Les PME de Kinshasa ont sévèrement été touchées par cette crise sanitaire mondiale liée au nouveau coronavirus. De nombreuses petites et moyennes entreprises avaient leurs sièges dans la commune de la Gombe, siège de nombreuses institutions. Après son confinement de quatre mois, certaines PME formelles comme informelles ont dû arrêter leurs activités. D’après l’enquête de Target, 8 PME sur 10 avaient été affectées par le confinement de la Gombe.

Les plus touchées sont les PME formelles du secteur de l’HORECA, les salons et boutiques, les enseignes du secteur de la distribution et enseignements (Universités et écoles privées). Le coronavirus a accentué le taux de pauvreté dans le pays, 8 personnes sur 10 ont constaté que le taux de pauvreté a augmenté. 7 sur 10 Congolais ont constaté la dégradation de leur pouvoir d’achat avec une baisse de revenus personnels et de leurs ménages.

L’insécurité et la consommation d’alcool avaient pris de nouvelles proportions mais la violence faite à la jeune fille avait baissé selon l’étude de Target publiée en novembre. Les Congolais ne désespèrent pas malgré les répercussions économiques qu’imposent cette crise sanitaire. 77% d’entre eux sont persuadés que l’année 2021 sera meilleure par rapport à 2020.

Le cabinet Target a fait plusieurs recommandations au cours de ses enquêtes. Pour les PME, l’une des recommandations du cabinet est que le gouvernement accorde des allègements fiscaux ou valide la suppression de certaines taxes pour les PME formelles. Les Congolais n’ont jamais cru à la dangerosité du coronavirus. Pour inverser la tendance Target recommande aux autorités publiques et leaders d’opinion de faire preuve d’exemplarité dans leurs activités publiques et passages dans les médias pour mieux faire passer les messages de respect de gestes barrières auprès de la population. Le gouvernement devra Stabiliser le marché de change afin de soulager les structures exerçant dans l’économie informelle car bon nombre des familles vivent quotidiennement de leurs activités. Et les mesures de restriction ont accentué la précarité de plusieurs familles.

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