Grève des conducteurs de taxis et taxi-bus à Kinshasa.

Kinshasa: la grève des conducteurs de transports en commun paralyse la circulation

Grève des conducteurs de taxis et taxi-bus à Kinshasa.
Par Raphael KWAZI

lun 12/07/2021 - 16:16

Les principales avenues de la ville de Kinshasa ont été inondées de piétons, lundi 12 juillet 2021 dans la matinée, à la suite du mouvement de grève des chauffeurs de taxis et taxi-bus. L’absence de transports en commun a perturbé la circulation de la population, surtout les élèves finalistes des humanités qui ont commencé les épreuves préliminaires de l'examen d’État. Seuls quelques bus de Transco, l'entreprise publique de transport, et les motocyclistes étaient en circulation. Avec leurs capacités bien inférieures aux besoins en déplacement de près de 12 millions des Kinois.

Les conducteurs de transport en commun se plaignent des tracasseries que leur infligent les policiers, communément appelés Ujana à Kinshasa. Selon eux, ces derniers leur imposent des amendes allant jusqu’à 200 000 francs congolais (100$) pour des taxis dont les recettes journalières plafonnent à 20 dollars américains. Ces infractions au code de la route sont dans la plupart des cas imaginaires et ne visent pour les policiers qu'à se faire payer sur la bête, expliquent les chauffeurs.

Face aux tracasseries répétitives de la police, les conducteurs interpellés font de plus en plus de la résistance. Ce qui conduit par endroit à des interpellations violentes. Le week-end dernier, des images d'une voiture taxi accidentée ont circulé sur les réseaux sociaux. D'après les témoins, un policier que se disputaient le volant avec un chauffeur taxi a perdu la vie lorsque la voiture est allée finir sa course sous un camion remorque sur l'avenue des huileries non de la boulangerie Pain Victoire.

Selon un conducteur qui fait la navette Zando-Lemba, un chauffeur et son receveur auraient été tués la semaine passée par l'unité de la police appelée Ujana souvent envoyée en renfort à la police de circulation routière pour réguler le trafic. Une allégation en revanche difficilement vérifiable.

« Nous sommes fatigués. Nous voulons mettre fin aux comportements de ces policiers. Ils arrêtent n’importe qui pour n’importe quoi. Ce n’est pas possible», dénonce ce chauffeur.

Interrogé au sujet de tracasseries dont les conducteurs de transport en commun se plaignent, Monsieur Junior Ngongo s'est dit attristé par cette histoire. Il demande à l'exécutif provincial de trouver une solution urgente afin de rétablir l’ordre dans ce secteur.

« Vraiment c’est compliqué pour nous ce matin. On ne sait pas si on va arriver à quelle heure dans nos lieux de services. Oui, il est vrai que ces derniers temps, les policiers commettent des actes de vandalisme à l’égard des chauffeurs. Mais d'autre part il y aussi la responsabilité de chauffeurs qui augmentent de manière illégale les prix de transports en commun sans tenir compte des prix officiels fixés par le gouvernement provincial. Maintenant, ils doivent supporter les conséquences de leurs erreurs. Si les policiers les mettent mal à l'aise c’est parce qu’ils ne veulent pas respecter les lois établies. Pour cela, nous demandons à l'exécutif provincial de trouver une solution urgente à ce problème parce c’est nous la population qui souffre pour le moment», a déclaré ce travailleur de magasins des indo-pakistanais.

Dans cette mégalopole où le transport en commun est assuré quasi totalement par les privés, ces derniers font parfois la loi, modifiant tarifs et trajets à leur guise. Le respect du code de la route reste par ailleurs très aléatoire. Dans la circulation kafkaïenne que connaît la capitale de la RDC, taximan, taximorards et policiers se partagent allègrement la responsabilité sous le regard impuissant des autorités.

Dans plusieurs arrêts de transports de la capitale, les chargeurs de bus se formaient en petits groupes ce lundi matin avec des pierres en mains pour empêcher les chauffeurs qui n'exécutent pas le mot d’ordre de leurs collègues grévistes.

Des heurts ont été signalés à Masina et Kingasani, les quartiers les plus peuplés de l'est de la capitale, entre grévistes et non grévistes. Jusqu'en fin d'après-midi, la circulation était fluide sur la plupart des artères de la capitale, le transport étant essentiellement assuré par les motards.

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