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Papa Wemba : une mort qui n'efface pas la glorieuse carrière

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Par Glody Pinganayi

sam 24/04/2021 - 18:53

Papa Wemba est décédé, à 65 ans, le 24 avril 2016 à Abidjan des suites d'un malaise cardiaque survenu en pleine scène du Festival de musique urbaine d’Anoumabo (FEMUA). Celui qu'on a surnommé Kuruyaka, Grand Mayas ou encore le Roi de la Sape, laissait derrière lui des œuvres intemporelles tirées d'une des plus riches carrières musicales africaines.

« Paulina » est la toute première chanson de Papa Wemba sortie en 1970 alors qu’il n'avait que 21 ans. Ce n'était que le début d'une longue suite. Les tubes de l’artiste, il y en a beaucoup mais des chansons comme Amazone, Maria Valencia, Lisuma ya zazu, Lèvres roses, So why, Blessure, Yolele, Ke mafumbe ou encore Ebale Mbonge jouent encore aujourd'hui concurrençant les nouveaux succès dans les évènements festifs.

En décembre 1969, alors âgé seulement de 20 ans, Papa Wemba fonde avec des amis le groupe mythique Zaiko Langa Langa. Il va le quitter cinq ans après pour créer Isifi Lokole (Institut du Savoir Idéologique pour la Formation des Idoles) avec Evoloko, Mavuela et Bozi Boziana. C’était l’époque où le président Mobutu avait instauré le recours à l’authenticité. Ils associent alors le lokole, un instrument traditionnel africain à l'arsenal instrumental de leur groupe. La chanson Amazone, du surnom de son épouse, a connu un succès foudroyant.

En novembre 1975, Papa Wemba quitte Isifi Lokolé pour créer Yoka Lokole avec Mavuela Somo et Bozi Boziana. Les trois fondateurs se font appeler « The Fania All-Stars ». C’est la chanson Lisuma ya Zazu qui va propulser leur groupe en 1976.

Shungu Wembadio de son vrai nom n’en finit pas avec les défections. Soutenu par des amis dont Lita Bembo, il va créer son propre orchestre Viva La Musica. Ainsi commence l’épopée de l’un de plus grands orchestres du Zaïre qui deviendra par la suite une véritable école de musique et Papa Wemba un faiseur des idoles, rois et grands prêtres. C’est à partir de ce moment qu’il avait pris le nom de Papa Wemba. Il avait installé le siège de son orchestre sur l’avenue Kanda Kanda dans la commune de Kasa-Vubu. Wembadio se fait appeler « chef coutumier » du village Molokaï, anagramme des rues Masimanimba, Oshwe, Lokolama, Kanda Kanda et Inzia, qui entourent un espace du quartier Matonge, proche du Stade Tata Raphaël.

Influence de la jeunesse kinoise

Papa a introduit un style de vie nouveau dans la capitale congolaise, ce qui va s’étendre à certains territoires du pays. La création de Viva la Musica va bouleverser la manière de vivre des jeunes Zaïrois à l’époque : la coiffure, habillement, la démarche les attitudes et le langage vont radicalement changer Désormais le credo pour les jeunes devient : Bien sapé, bien rasé et bien parfumé.

La sortie offcielle de Viva La Musica est intervenue le 26 février au bar Type k de Tabu Ley. Un succès patent, le bar est archicomble et les autres personnes ont suivi le concert dehors.

De 1977 à 1981, les chansons de l’orchestre domineront les hit-parades zaïrois. Cet orchestre a enfanté de nombreux artistes de renom dont King Kester Emeneneya, Rigo Star, Reddy Amisi,...

Grâce à l’apport médiatique de son ami Jounaliste Nila Mbungu , Papa Wemba se créera un fantastique réseau et deviendra  socialement intouchable et incontournable. L’homme fait le tour de grands médias nationaux et internationaux.

De manière surprise, alors qu’il a du succès, il intègre en 1979 le groupe Afrisa International de Tabu Ley, son mentor, pour un bref perfectionnement.

Succès international

1980, La maison Visa 80 du grand Maître Franco Luambo Makiadi organisera la première tournée européenne de l’orchestre Viva La Musica. Succès à Paris et à Bruxelles mais le contrat sera rompu et le groupe fera son retour à Kinshasa.

En décembre 1982, Emeneya et 12 musiciens désertent le village Molokaï. Après ce départ massif, Viva la Musica ne compte plus que Fafa de Molokai, Maray Maray, Jadot et Papa Wemba. Quelques mois après le départ de Kester et les 12 apôtres, Papa Wemba procède au recrutement de Lidjo Kwempa, Reddy Amisi (chant) Richacha (batterie), Iko (Lokolé) Guy Guy Toupa (percussion).

Papa Wemba aime s’habiller et se faire beau. Son influence atteint des cimes inespérés et le Japon dont il vante les prestigieuses marques de vêtements prisées est une destination rêvée.

En 1986, il accepte l’offre d’une tournée Japonaise au cours de laquelle une base de fans Japonais croissante et dévouée était en ébullition. Il en profitera pour rencontrer le couturier japonais Yojhi Yamamoto.

Le cinéma

Papa Wemba joue en 1987 dans le film "La vie est belle" de Benoit Lamy et Ngangura Dieudonné Mweze. Il compose une bonne partie de la bande originale de ce film. Il apparaît également en 1987 dans « Combat de fauves » de Benoit Lamy. Les acteurs principaux du film sont Ute Lemper et Richard Bohringer. En 2012 Papa Wemba joue un petit rôle dans le film dramatique Kinshasa Kids de Marc Henri Wajnberg.

L’artiste qui rêvait de vivre en Europe va s’y installer en 1986. L'Afrique est à la mode, les "sapeurs" envahissent la capitale, et il s'impose très vite comme une star de la world music.

Juste après son installation, Papa Wemba signe 2 albums entre 1986 et 1987.  « Siku ya mungu » et « L’esclave », une chanson contre l’Apartheid en Afrique du Sud et l’emprisonnement de Nelson Mandela. C'est du haut de sa voix perchée, que Papa Wemba entame une tournée internationale du Japon aux Etats-Unis, en passant par l'Europe par le biais de nombreux festivals. En 1986 c’est le groupe Viva La Musica qui y emménagea.

Il se produira tour à tour avec son groupe au Théâtre de la Ville, Théâtre Gérard Philipe et à la Halle de la Villette.

Papa Wemba sortira L'album le Voyageur avec 9 titres signé chez Realword en 1992. Pour séduire d’autres cultures il s’essaiera au blues, rock'n'roll et à la soul.

Papa Wemba a signé un contrat solo avec Real World Records de Peter Gabriel avec qui il a fait une tournée euro-africaine. Depuis, il a réalisé trois albums Real World, Le Voyageur 1992, Emotion 1995 et l'album live Molokai 1998.

Il rentre vivre à Kinshasa en 1996. Il a judicieusement retenu le Viva La Musica basé à Paris en tant que groupe d’enregistrement et live pour ses fans basés en Europe, ainsi que Molokai international pour sa carrière solo mondiale. Il crée un nouvel orchestre qu’il baptise Viva La Musica Nouvelle Ecriture en 2002.

Papa Wemba défile pour le styliste Japonais Masatomo à la Maison de Culture du Japon à Paris. Après le Zénith et l’Olympia, Papa Wemba et son groupe Viva La Musica Nouvelle Ecriture, se produisirent au Palais omnisports de Paris Bercy en décembre 2001.

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