Chantal Kanyimbo, rapporteure au Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC). Photo Michée Lutete

Chantal Kanyimbo à coeur ouvert : une femme au caractère bien trempé (Interview)

Chantal Kanyimbo, rapporteure au Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC). Photo Michée Lutete
Chantal Kanyimbo, rapporteure au Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC). Photo Michée Lutete
Par Michée Lutete

jeu 14/07/2022 - 16:46

Chantal Kanyimbo, journaliste présentatrice vedette de la radiotélévision nationale congolaise (RTNC) , rapporteure au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) est la première femme à diriger l’Union de la presse du Congo (UNPC).

Elle vient de publier son livre de 296 pages intitulé « Mémoires : les plus belles années de ma vie ». Cet ouvrage a été officiellement présenté samedi 2 juillet 2022 à Kinshasa.

Dans une interview accordée ce mercredi 13 juillet 2022 , Chantal Kanyimbo répond aux questions de la rédaction Lemag.cd. La chevalière de la plume congolaise, revient essentiellement sur la pratique du journalisme en RDC et frôle en outre quelques aspects de son ouvrage sans pourtant le dévoiler.

                            Questions/Réponses

Q/ Vous n’aviez que 6 mois lorsque vos parents ont débarqué à Kinshasa en provenance de Lubumbashi. Parlez- nous de cette période de votre enfance… Comment avez-vous grandi ?

R/ Je ne dois pas tout raconter ici. Sinon, mon livre ne sera pas lu !

Q/ Quel a été le déclic… Cette passion pour le journalisme ?

Peut-être, j’ai vu des journalistes qui m’impressionnaient dans mon enfance et ma jeunesse et j’ai rêvé de faire ce métier.

Q/ Les idées reçues à l'égard des femmes qui font ce métier du journalisme. Beaucoup pensent que c' est une opportunité de s’exposer. Qu’est- ce qui est à la base de ces idées reçues et comment mettre fin à cela ?

R/ Ces préjugés sont dus à la construction sociale que l’on a du rôle de la femme. Il ne s’agit pas seulement des femmes qui exercent le journalisme. Ces préjugés touchent tous les secteurs réservés jusque il n’y a pas longtemps aux hommes que la femme a investis. Il faut changer cette construction sociale pour que cela change. On parle de briser le plafond de glace qui empêche l’épanouissement professionnel de la femme.

Pour casser l’ascension professionnelle de la femme, on entache sa pratique professionnelle par des considérations d’ordre moral.

Pourtant, il y a également des hommes dont la probité morale dans leurs milieux professionnels, pose problème. Mais il s’agit d’une seule femme sur dix, la tendance est à la généralisation.

Q/ Que pensez-vous de la pratique du journalisme en RDC ?

R/ En 2004, on a organisé le congrès de la refondation de la presse congolaise qui n’a pas tout à fait réussi à redorer le blason de la pratique professionnelle. Nous sortons des Etats généraux des médias et de la Communication, parce qu’il a encore et toujours de sérieux problèmes.

Il y a d’énormes défis à relever pour que le quatrième pouvoir soit effectivement le pouvoir qui balance avec les trois pouvoirs traditionnels dans la défense de l’intérêt général.

Dans la majorité des productions médiatiques, on est plus dans la communication plutôt que dans l’information d’intérêt général.

« Mémoires : les plus belles années de ma vie »

Q/ Quelle a été votre motivation à écrire cet ouvrage ?

Raconter le récit, comme le dit mon Préfacier, le Professeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le récit de mon success story.

Q/ Tout n’a pas été rose nous supposons. Quelles sont les années sombres que vous évoquez à travers cet ouvrage ?

R/. Bien sûr, il y a eu des moments sombres. La disparition de mes proches. Les mauvais moments dans ma carrière professionnelle. J’en parle dans mon livre. (Rires…) Il faut le lire.

Q/ En 2004, vous devenez la première femme présidente de l’UNPC. Comment Avez-vous vécu cette expérience ?

R/ J’avais plutôt été élue Première Vice-présidente au Comité Directeur. C’est à la suite de la crise qui a secoué l’UNPC en 2006 que j’ai pris la charge de Président. J’ai été élue Présidente par le Congrès en 2008. C’est un engagement que j’avais pris pour apporter ma pierre à la refondation de la presse congolaise souhaitée par tous.

Q/ Quelle chance donnez-vous aux médias congolais de pouvoir s’exporter au-delà de nos frontières ?

R/ Il faut d’abord travailler à améliorer l’écosystème légal de l’exercice de la liberté de presse ; l’écosystème économique favorisant l’émergence d’un paysage médiatique prospère qui génère les moyens financiers permettant de produire des contenus qui répondent réellement aux missions fondamentales des médias, qui sont d’intérêt public.

Q/ Que pensez-vous de ce métier avec l’arrivée de l’internet, les réseaux sociaux... Un danger ?

R/. Non, aussi longtemps que le journaliste demeurera ce corps intermédiaire nécessaire qui sait démêler le vrai du faux qui a envahi les réseaux sociaux accessibles à toutes les catégories humaines.

Q/ Le rapport entre le pouvoir et la presse congolaise…

R/. Ce débat, je pense qu’il existe partout. Mais, dans la mesure où le fondement du journalisme et de l’exercice de la liberté de presse, est l’indépendance, il appartient aux journalistes de maintenir la distance nécessaire qui leur permet de conserver cette indépendance pour servir l’intérêt général attendu du quatrième pouvoir.

Q/ Que pensez-vous de l’ISTI et son évolution (IFASIC)

R/. Déjà, rien que par le changement de l’appellation, l’ISTI, Institut des Sciences et Techniques de l’Information, s’est mué en Institut Facultaire des Sciences de l’information et de la Communication, c’est une évolution majeure, parce qu’il y a l’ambition de former des théoriciens, des docteurs de ces sciences pour les enseignements dispensés au sein de cette institution.

Et puis, avec l’évolution de la technologie, la direction ne pouvait pas rester la même. C’est une bonne chose. J’ai entendu dire qu’il y a une réflexion qui est menée afin de faire appel aux praticiens du journalisme pour la transmission des expériences aux apprenants des métiers d’informer.

Q/ Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que tous vos rêves sont réalisés? Si non quels sont vos prochains défis ?

R/ Si Dieu le veut, j’espère pouvoir vivre encore les plus belles années de ma vie, pouvoir les écrire en tome 2 ou peut-être écrire un roman.

Il y a une idée qui me trotte dans l'esprit depuis quelque temps. Je pourrais peut-être faire de l’écriture mon second métier (Rires)

Chantal Kanyimbo, une femme ambitieuse. Sa notoriété avait davantage explosé avec son émission politique-débat lancée en 1994 dénommée « Deux sons de cloche », sur l’Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision (OZRT), actuelle Radiotélévision nationale congolaise (RTNC).

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