Concert des mots II : En chœur, les mots ont parlé aux cœurs

Par Job Bunana

mar 20/08/2019 - 14:02

Dimanche 18 août soir, une file se forme devant la salle de promotion de l’Académie des Beaux-arts. C’est le rendez-vous des amoureux des mots et de simples curieux. Ils sont venus écouter Tata N’longi et ses amis qui livrent le deuxième épisode du concert des mots.

En attendant le début du concert, des participants en profitent pour se prendre en photo. Certains d’entre eux ne se connaissent que sur Facebook et ont, à cette occasion, l’opportunité de sortir du virtuel.

Tata N’longi débute son show par un soliloque d’écrivain que la salle a du mal à suivre. Il n’utilise pas de micro et fait recours à des expressions alambiquées. Des cris fusent dans la salle « micro ! », une façon pour le public de dire à l’artiste « nous sommes venu écouter et non contempler ». C’était la première scène du deuxième épisode du concert des mots. La scène a bien réussi à faire taire les chuchotements dans la salle et à capter l’attention de tous vers la scène où Tata N’longi et ses amis venaient de prendre place.

La mise en place terminée, s’enchaine alors la déclamation d’une série de textes touchant directement à la fibre patriotique. Le Congo, cette « nation-chose », « eloko ya makasi » est à l’honneur. Les artistes se succèdent et couvre d’éloges le pays dans lequel les potentialités contrastent avec les modes de vie de ses habitants.

Sur fond du chant « Mbok’oyo Congo », les mots interpellent le Congo : À 59 ans, le Congo doit apprendre à arroser sa terre de « la sueur du dur labeur plutôt que des larmes d’un simple pleureur ».

Mujinga et Ngalula des personnages sortis tout droit des réalités congolaises

Tata N’longi et toute la bande qui l’accompagne ont vraiment dû plonger au fond des réalités congolaises et son partis dénicher grand-mère Mujinga et sa petite fille Ngalula. Le dialogue entre Ngalula et Mujinga peint avec beaucoup de pertinence la différence très perceptible que la société congolaise établit entre l’éducation d’un garçon et celle d’une fille. Mujinga apprend à sa petite fille comment être belle, s’occuper du ventre et du bas ventre de son homme. Savoir comment le regarder et où le toucher pour qu’il fléchisse. Alors qu’à son petit-fils, le frère de Ngalula, la grand-mère ne donne qu’un seul conseil : «chercher l’argent». Devenu épouse, Ngalula se rendra vite compte que s’occuper du ventre et du bas ventre de l’homme ne suffisait pas. Il fallait aussi se taire et tout supporter au nom de la «soumission», le principe biblique qui régit le comportement de la femme dans le mariage.

Devant un tel tableau, Do va dire un texte, percutant et poignant dans lequel elle refuse d’être cette femme qui attend car «celles qui attendent n’entreprennent rien car elles attendent».

Les mots étaient perspicaces, les artistes ont réussis à mettre du froid dans la salle. Et surtout, à interpeller les consciences. Ils ont aussi réussi à emporter le public, le faisant voyager dans une espèce de transe avant de les ramener chacun à sa place.

Dans le calme, la bonne humeur et la réflexion, le deuxième épisode du concert des mots a vécu.

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