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Stations-services et revendeurs clandestins de carburants : Kinshasa et ses amours explosifs

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Une station-service à Ngaliema, Photo Lemag par Rodrick Bendi
Par Rodrick Bendi

mer 27/07/2022 - 15:41

Ces derniers jours, les Kinois assistent à une montée considérable des constructions des stations-services. Face à cette situation, le Président de la République Félix Tshisekedi s’est exprimé en indexant les dangers auxquels sont exposés les habitants et l'environnement. Sur le terrain, les nouvelles stations-services continuent de voir le jour.

Sur l’avenue Colonel Mondjiba au croisement de l’avenue Komoriko dans la commune de Ngaliema, une nouvelle station vient à peine d'ouvrir ses portes. Le problème est que la station est à moins de 10 mètres d’une maison d’habitation et moins de 50 mètres de l'école Révérend Kim. Cela constitue un danger pour les résidents et les écoliers. Il est recommandé de construire une station-service à plus 50 mètres des habitations et 100 mètres des installations sensibles telles que les écoles, crèches, hôpitaux, etc.

Au quartier Ozone, une autre station vient de voir le jour. Elle se niche au milieu de maisons résidentielles. Dans ce quartier, peu de gens sont au courant du danger que représente cette installation. “Nous craignons juste les risques des incendies qui peuvent se déclarer à tout moment”, a dit une femme habitant une maison à moins 50 mètres de la station. À côté du risque d'incendies, les pompes des stations-services polluent l’air. Cela est nocif pour l'environnement à cause des composés toxiques émis dans l’air à des niveaux dangereux pour la santé.

Sur la route de Matadi, on retrouve les vendeuses et vendeurs des carburants en vrac appelés communément à Kinshasa “Kadhafis”, en référence à Mouammar Kadhafi, l'ancien président Lybien dont le pays vivait du pétrole. Chez eux il n'y a pas de règles. Le risque d’incendie est permanent. La plupart de femmes Kadhafis viennent du camp militaire appelé “camp Mabaya”, non loin de la route de Matadi. Assise sur un petit tabouret, tout près de bidons de carburant vides et pleins, la vendeuse reconnaît l'existence du danger. “Papa, le danger existe, mais qu’allons nous faire d’autres ? On doit abandonner ce travail ? Moi qui suis là, je le fais depuis plus de 10 ans maintenant”.

Les kadhafis à Kinshasa, photo Lemag par Rodrick Bendi

Les kadhafis gardent leurs carburants dans des dépôts clandestins. Ils sont aussi visés par les nouvelles décisions en application.

“Les dépôts clandestins n’ont pas lieu d’être dans la ville de Kinshasa et devront être délocalisés ou seront fermés”, avait fait savoir Didier Budimbu, ministre des Hydrocarbures. Il a, en outre, laissé entendre qu'au courant de cette semaine, il y aura la fermeture des stations-services construites tout près des habitations.

“Nous ne pouvons plus supporter ou accepter ça car, demain s’il y à mort d’hommes tout le monde va se retourner contre le gouvernement. Donc, là, nous allons prendre nos responsabilités et nous serons sur terrain. Ils devront trouver des endroits ailleurs pour installer leurs stations loin des habitations. Nous sommes déterminés et nous allons nous assumer”, avait-il déclaré.

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