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Insécurité à Kinshasa: Nsimba témoigne après l'enlèvement de sa mère à bord d'un taxi "Ketch"

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Par Glody Pinganayi

mer 23/09/2020 - 16:52

La ville de Kinshasa vit de nouveau une recrudescence des enlèvements à bord de taxis communément appelés “Ketch”. Cette situation s’observe depuis le retour des activités dans la commune de la Gombe, trois mois après son confinement suite à la pandémie du coronavirus. Les bandits armés se font passer pour de taximen et embarquent avec eux de passagers qu’ils enlèvent et demandent une rançon. La nouveauté dans ce regain d’enlèvements, certains bandits filment leur victime pour faire pression aux proches de la victime. Nsimba est journaliste à Kinshasa. Il y a plus d’un mois sa mère qui travaille à la Gombe avait été enlevée par de bandits armés dans la commune de Limete. Dépouillée de tous ses biens, elle sera relâchée toujours dans la même commune après quelques menaces.

La maman de Nsimba est commerçante au grand marché de Kinshasa “Zando” et habite Lemba. Ce jour-là, elle prend un minibus depuis la Gombe pour la 6e Rue Limete. Depuis la 6e Rue elle prend un taxi “Ketch” pour la commune de Lemba. Dans sa direction, elle doit normalement passer par la route réhabilitée de Motel Fikin, Super Lemba puis Lemba Terminus. Depuis le boulevard Lumumba, au lieu de prendre la première entrée menant vers Motel Fikin, le conducteur contourne et va vers Lemba Sous-Région. La maman de Nsimba le lui fait savoir: “Quand ma mère a remarqué que le chauffeur prenait une autre direction elle lui rappelle qu’elle ne fait pas cette route parce que je dois descendre à la deuxième entrée de Foire Internationale de Kinshasa. Le taximan lui rétorque qu’il va la ramener vers sa direction qu’elle ne s’en inquiète pas. En avançant un peu plus loin, le chauffeur et ses clients complices vont remonter les glaces et lui demander de baisser sa tête pour ne rien voir”, explique-t-il.

Les menaces vont commencer à partir de ce moment. Elle avait quelques billets de banque dans son sac à main et son son téléphone. Tout lui sera ravi alors qu’elle maintient sa tête baissée dans le taxi et son sac en train d’être fouillé au peigne fin. En ce moment, la mère de Nsimba ne savait plus où elle se trouvait. Elle s’est mise à prier intérieurement alors que ses ravisseurs lui promettaient la mort. Deux de ses bourreaux réclamaient son relâchement alors l’autre insistait pour qu’elle soit tuée. Ok

Les ravisseurs lui demandent si elle avait un compte mobile Banking d’une société de Télécoms de la place, la dame dit ne pas en posséder puisqu’elle ne connaît pas le mode de fonctionnement. Enlevée aux environs de 19 heures, elle passera plus des deux heures entre les mains de bandits. Elle sera relâchée dans le noir sur la route Poids Lourds vers le chantier naval de la Société Commerciale des Transports et Ports (SCTP ex ONATRA). Les ravisseurs lui demandent de ne pas se retourner et de ne faire aucun bruit au risque de se faire tirer. Son sac lui sera restitué mais sans argent (50.000 FC) et son téléphone.

D’où elle avait été déposée, la maman de Nsimba apercevra deux hommes (sentinelles) de loin auprès de qui elle prit de renseignements. L’un d’eux va l’accompagner jusqu’au Boulevard du 30 Juin à l’arrêt de bus se trouvant devant les galeries présidentielles. Elle se fera aider par la suite pour traverser ce grand boulevard et monter dans un bus pour rentrer chez elle à presque 22 heures alors que la maman rentre souvent tôt à la maison.  Si ses proches ne l’avaient pas contactée plutôt, c’est parce que ce jour-là elle devait rendre visite à un membre de sa famille après le boulot. Ils savaient qu’elle allait rentrer en retard. Elle n’avait pas été blessée ni touchée mais elle a gardé un choc psychologique. 

Le dimanche 20 septembre dernier, le curé de la Paroisse Sainte Marie Goretti racontait aux fidèles de la paroisse l’enlèvement de l’un des fils de la famille Mompano. Ce dernier avait été capturé le lundi 14 septembre dans la soirée. Après d'âpres négociations, il sera libéré quatre jours après. le fils Mompano affirme même selon le prêtre que c’est un indien qui est à la tête de ce réseau. Il dit aussi que l’endroit où il avait été détenu se trouve également dans la commune de Limete. Sa famille avait subi énormément de pressions de la part de ravisseurs et avait fini par verser une rançon de 1.000 USD. 

La Police procède à de rares fouilles depuis ce mois de septembre. A de différents coins de la ville de Kinshasa, la Police contrôle tous les taxis “Ketch” dans le but d’appréhender les malfrats. Passagers et conducteurs descendent avant de passer à une fouille minutieuse de voitures.

 

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